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Indonésie : 190 Mt de carbone relâchées par les feux de tourbières, pourquoi ce chiffre inquiète

· 7 novembre 2026 · Environnement · 9 min de lecture
Indonésie : 190 Mt de carbone relâchées par les feux de tourbières, pourquoi ce chiffre inquiète

Les feux de tourbières en Indonésie ne relâchent pas seulement de la fumée visible. Ils libèrent aussi du carbone ancien, stocké depuis des siècles. Les estimations récentes, autour de 190 millions de tonnes de carbone, soulèvent une question : pourquoi le risque augmente alors que les dispositifs de surveillance progressent ?

En bref

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  • Les feux de tourbières indonésiens peuvent relâcher du carbone ancien via une combustion souterraine prolongée.
  • Des calculs associent une forte sécheresse liée à El Niño à des tourbières déjà dégradées par le drainage.
  • Les estimations satellitaires divergent, car les foyers souterrains peuvent échapper à la détection classique.
  • Les effets dépassent l’Indonésie, avec une brume observée jusqu’aux pays voisins.
  • Les politiques de restauration et de contrôle des brûlis restent décisives pour limiter le prochain pic.

Que signifie 190 Mt de carbone pour l Indonésie ?

Les 190 Mt de carbone évoquent une quantité libérée par la combustion et la décomposition liées aux feux. Le carbone provient d’une matière organique accumulée dans les tourbières, parfois sur plusieurs siècles. Une fois relâché, il se disperse vite dans l’atmosphère, ce qui complique l’atténuation.

Les travaux attribuent une part majeure au cumul El Niño et à l’état des milieux, rendus plus inflammables par les pratiques passées. Les estimations peuvent varier selon les méthodes et les périodes observées. Elles restent, toutefois, suffisamment cohérentes pour signaler une tendance lourde.

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  • Tourbière : sol gorgé d’eau, riche en matière organique en décomposition lente.
  • Carbone libéré : conversion de matière organique en gaz et particules lors de la combustion.
  • Échelle : millions de tonnes mesurent un impact à large portée atmosphérique.
Indicateur Ordre de grandeur Ce que cela signifie
Carbone relâché (estimation) ≈ 190 Mt Gaz émis sur une période associée à la saison des feux
Émissions suivies par modèles ≈ 180 Mt de carbone Approche de type inventory et assimilation de données
Points chauds détectés plus de 120 000 Activité de combustion repérée, sans garantir la totalité
Incidences sanitaires (ordre de grandeur) 300 000 consultations Pression sur les voies respiratoires durant la brume
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Pourquoi les feux de tourbières brûlent-ils si longtemps ?

Les feux de tourbe peuvent couver sous la surface. La combustion devient alors moins visible, mais elle continue. Cette durée renforce le bilan carbone, car le réservoir organique reste accessible longtemps aux températures élevées.

Le point de bascule vient souvent du drainage. Une fois la tourbière asséchée, l’humidité ne limite plus l’ignition, et la matière organique s’enflamme plus facilement. Une saison sèche associée à El Niño amplifie ce mécanisme.

Les pratiques de gestion jouent un rôle direct sur la disponibilité du « combustible ». Quand les terres sont converties en plantations ou agriculture, la reconstitution des sols forestiers se heurte à des délais incompatibles avec la durée d’émission.

Copernicus et les satellites : que mesurent-ils exactement ?

Le système Copernicus (via CAMS) estime les émissions en combinant des données atmosphériques et des modèles. L’exercice reste robuste, mais les limites existent. Les feux souterrains à basse température peuvent émettre trop faiblement pour être pleinement captés par certains capteurs.

Entre la période du 15 au 21 octobre, des analyses ont décrit une part importante des émissions mondiales liées à la combustion de biomasse. Pourtant, les chercheurs notent que les chiffres pourraient être sous-estimés si la fumée et les foyers profonds échappent à la détection. La variabilité dépend aussi de la couverture nuageuse.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Considérer « points chauds » comme « émissions totales » sans ajustement.
  • Confondre feu de surface et combustion souterraine, souvent plus persistante.
  • Lire un seul chiffre sans préciser la période et la méthode d’estimation.

Quelles conséquences sur la santé et la région, au-delà des émissions ?

La combustion produit des particules et des gaz irritants. Les brumes franchissent souvent les frontières, ce qui affecte les villes et les îles proches. Des données nationales indiquent aussi des consultations liées à des problèmes respiratoires aigus.

Les impacts ne se limitent pas aux urgences hospitalières. Les activités scolaires, le trafic aérien et le travail en extérieur subissent des perturbations. Quand la saison dure, la charge sanitaire augmente, même si le nombre de points chauds varie.

Sur le terrain, des acteurs comme les autorités provinciales suivent les foyers et la qualité de l’air. En parallèle, des plateformes de cartographie comme Nusantara Atlas servent de passerelle entre données et compréhension publique. Ces outils aident, mais ils ne remplacent pas les contrôles sur la cause.

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Un record de CO2 et un El Niño renforcé : que peut-il se passer ensuite ?

Le CO2 atmosphérique progresse, et les organismes de référence soulignent une hausse attendue. L’OMM relie ce contexte à la combustion d’énergies fossiles et à la dynamique climatique. Quand El Niño renforce la sécheresse, le risque pour les tourbières augmente.

Les comparaisons avec 2015 reviennent souvent, car cette année a montré un pic majeur d’émissions. La trajectoire dépendra du calendrier de fin de l’épisode El Niño et de la capacité de restauration des tourbières. Les feux souterrains restent difficiles à contrôler une fois installés.

Pour les décideurs, le levier principal consiste à réduire l’exposition au drainage et aux brûlis. Des mesures comme la gestion de l’eau et la prévention des incendies ciblent la source du problème. Des audits réguliers et un suivi hydrologique peuvent réduire les zones les plus vulnérables.

Cas d usage par profil : où agir concrètement ?

Différents profils peuvent réduire le risque sans viser uniquement la réponse au feu. Les priorités varient selon la chaîne d’usage des terres, les capacités locales, et les objectifs de santé publique. Une approche cohérente relie prévention, surveillance et restauration.

Pour une entreprise agro-industrielle, la cartographie des zones humides et la réduction du drainage deviennent des actions centrales. Pour les collectivités, la coordination des moyens d’extinction et la sensibilisation limitent les périodes d’exposition. Pour les chercheurs, l’amélioration des méthodes d’inférence réduit l’incertitude sur les émissions.

Profil Point de contrôle Impact attendu
Gestionnaires fonciers Maintien de l’hydrologie Diminution de la vulnérabilité à l’ignition
Collectivités Réactivité aux épisodes de fumée Réduction de la charge sanitaire
Analystes et modélisateurs Fusion données capteurs et atmosphère Meilleure estimation des feux souterrains
Organisations techniques Suivi qualité de l’air Décision plus rapide sur les mesures de protection

Repères fiables pour cadrer les chiffres

Pour comparer les estimations, il faut s’appuyer sur des références reconnues. L’approche Copernicus CAMS documente des bilans et méthodologies atmosphériques. L’OMM fournit aussi des repères sur les tendances du CO2 et les facteurs climatiques.

Les publications de l’équipe de Gareth Roberts et Martin Wooster éclairent le lien entre sécheresse, dégradation des tourbières et émissions. Ces travaux complètent les inventaires, notamment quand la combustion souterraine échappe aux capteurs.

« Les feux de tourbières peuvent maintenir une combustion longtemps, et le suivi dépend de la sensibilité des observations. »

Sources : Copernicus Atmosphere Monitoring Service (CAMS) et World Meteorological Organization (OMM), ainsi que des analyses scientifiques diffusées via des médias de vulgarisation scientifique comme Carbon Brief et The Conversation.

Les 190 Mt de carbone correspondent-elles à 190 Mt de CO2 ?

Non. Le carbone et le CO2 ne se convertissent pas 1 pour 1. Les chiffres en carbone sont ensuite convertis en équivalent CO2 via des facteurs stœchiométriques. Les publications précisent généralement l’unité d’origine et la méthode de conversion.

Pourquoi les satellites peuvent sous-estimer les émissions de tourbières ?

Les foyers souterrains brûlent parfois avec une intensité plus faible et une signature thermique limitée. La fumée et la couverture nuageuse compliquent aussi l’observation. Les modèles d’inventaire, comme ceux intégrés au cadre Copernicus CAMS, compensent partiellement ces écarts.

Quelles pratiques augmentent le risque d incendie en Indonésie ?

Le drainage des tourbières et certaines formes d’aménagement réduisent l’humidité du sol. Les périodes de sécheresse, amplifiées par El Niño, rendent l’ignition plus probable. La conversion des terres prolonge aussi les délais de reconstitution naturelle.

Comment relier émissions et effets sanitaires en période de brume ?

Les incendies produisent des particules fines et des gaz irritants. La brume augmente l’exposition respiratoire, ce qui se traduit par des consultations. Le lien exact dépend de la durée d’exposition et des conditions météorologiques locales, donc les chiffres varient selon les régions.

Que faut-il surveiller pour anticiper le prochain pic ?

Deux signaux dominent : la dynamique climatique liée à El Niño et l’hydrologie des zones tourbeuses. Les indicateurs satellitaires servent de déclencheurs, mais la prévention repose sur la gestion de l’eau et la réduction des brûlis.

Si vous travaillez sur la qualité de l’air, l’aménagement des terres ou la modélisation carbone, suivez l’évolution de El Niño et des paramètres hydrologiques. Les feux de tourbières libèrent vite un carbone ancien ; agir en amont reste la voie la plus efficace.


Graphique : Indonésie : 190 Mt de carbone relâchées par les feux de tourbières, pourquoi ce chiffre inquiète

190 Mt (tourbières, 2024) 190
Part mondiale (tourbières) 12
Comparaison: 2023 (Mt) 155
Risque CO2e vs seuil annuel 1.3
Forte hausse (%) 23
Hors saison: fumées (Mt) 35